Le Cap (Cape Town) en Afrique du Sud

Le Cap (Cape Town) en Afrique du Sud

mai 9, 2018 0 Par Julien

Pour démarrer le tour de la ville, rien ne vaut sans doute une vue d’ensemble depuis la Montagne de la Table. Ce promontoire qui culmine à près de 1 100 m, constituait jadis un repère immanquable que les navigateurs parvenaient à apercevoir à plus de 150 km de distance. Selon la tradition, le capitaine du vaisseau offrait une pièce d’argent au premier marin qui l’apercevait à l’horizon… pour autant que celui-ci soit dégagé. Aujourd’hui, par exemple, ce serait beaucoup moins sûr avec tous ces nuages qui s’accrochent à la montagne avec autant d’énergie que des poux sur la tête d’un écolier.

Le Cap (Cape Town)

Autant renoncer dès maintenant à prendre le téléphérique qui mène au sommet d’où, paraît-il, la vue est tout à fait exceptionnelle. Les vents soufflent tellement fort qu’il a fallu interrompre le service, la compagnie n’ayant vraisemblablement pas envie d’aller ramasser ses clients au fond des ravins vertigineux qui sillonnent la Montagne de la Table. A défaut du téléphérique, reste cependant le somptueux panorama sur Le Cap.

Juste en dessous du belvédère, le centre historique qui s’étend jusqu’au port et aux quais et, perdue dans le lointain, Roben Island, où a été détenu Nelson Mandela pendant près de 30 ans. Véritable îlot au milieu de la ville, le centre historique mérite bien que l’on s’y attarde un peu. Ne serait-ce que pour rêver devant l’ancien siège de la Compagnie des Indes Orientales devenu résidence présidentielle…

Visiter le musée de la préhistoire africaine et ses émouvantes collections de poteries, installés dans le plus ancien établissement scientifique d’Afrique du Sud…Même si l’essentiel se trouve au British Museum. Et surtout, prendre le temps de découvrir le fabuleux jardin botanique, dont les extraordinaires collections d’arbres et de plantes en font, en toutes saisons, un lieu exceptionnel.

La semaine dernière, le Jardin Botanique était le théâtre d’une journée d’action contre le sida, plaie majeure d’Afrique du Sud. C’est que le sida y frappe sans distinction non seulement tous les secteurs de la population – comme toute épidémie – mais concerne surtout les enfants et les jeunes, ce qui est inédit dans l’histoire des épidémies. Les enfants et les jeunes, les forces vives d’une nation… Ici, l’espérance de vie est d’environ 49 ans.

Le port du Cap, autre lieu d’intéressantes découvertes.

Depuis les travaux de modernisation des années ’90, le port est devenu un endroit éminemment respectable et c’est même le lieu le plus en vue de la ville. Boutiques de luxe et restaurants élégants en font un endroit très recherché où se mêle en permanence une foule hétéroclite à la recherche d’une promenade agréable.

Une promenade agréable, au gré de sa fantaisie…

On peut y apprendre des tas de choses sur la vie aquatique en visitant le Musée Maritime du port. Ici sont conservés la plupart des espèces de poissons et de coraux connus vivant dans les Océan Atlantique et Indien, véritable leçon de choses à l’intention des enfants et de leurs parents qui se bousculent devant les vitrines des requins cruels et sanguinaires – ou du moins présentés comme tels. Au final, pourtant, la visite n’apprend qu’une seule véritable chose: ici, les toilettes pour handicapés ne sont pas des toilettes pour handicapés. Ce sont des toilettes « for the physically challenged », à l’intention des personnes devant surmonter des défis d’ordre physique. Enfoncées, nos personnes à mobilité réduite.

Mais plus sûrement, on peut y admirer La Table qui se dresse au-dessus de la ville, une fois que les nuages ont décidé d’aller voir ailleurs s’ils n’y seraient pas mieux. On peut aussi s’y amuser des phoques qui viennent se dorer au soleil après s’être hissés maladroitement sur les pontons. Surtout, on peut y écouter les petits orchestres de quatre sous qui jouent un peu partout le long des quais ou sur les petites places, ici et là.

Justement, un petit groupe de jazz s’est installé sous le panneau multidirectionnel du port. Plutôt bons, les musiciens…Une guitare, un saxo, un accordéon et une basse. Une basse? Plutôt un violoncelle recyclé en basse et muni de cordes en plastique qui pourraient tout aussi bien servir à faire sécher du linge. Aucune importance. La musique est bonne, les musiciens jouent en mesure et de toutes façons, ici on n’est pas dans une salle de concert. On est dehors, au bord de la mer, à plus de 16 000 km de San Francisco et à plus de 12 000 km de Sidney. Lorsque le guitariste a plaqué son dernier accord, des applaudissements mérités ont surgi d’une foule de badauds qui grossissait au fil des minutes. Laissant le guitariste compter les sous qu’ils venaient de déposer, les promeneurs ont repris leur flânerie un instant interrompue, ne marquant visiblement plus aucun intérêt pour ce petit orchestre. A l’exception d’une toute petite fille qui, après avoir provisoirement échappé à la surveillance de sa mère, est revenue en courant vers les musiciens qui l’ont tant fascinée. La mère a rattrapé sa fillette en moins de deux minutes et lui a administré la correction qu’elle méritait. Alors, pour adoucir la peine de l’enfant, les musiciens ont rejoué un petit morceau, rien que pour elle…

Aujourd’hui, c’était la Fête de la Jeunesse. Jour férié dans toute l’Afrique du Sud. C’est plutôt bon signe, un pays qui fête sa jeunesse…